Le blog des maisons passives

Apprenez à concevoir une maison passive


Projet de maison passive - © J-M Pupille - Architecte

Exemple de maison passive © JM Pupille Architecte



Dernière mise à jour le 5 Juillet 2020

Qu'est-ce qu'une maison passive ?



Les concepts des maisons passives
Une maison passive est une construction neuve ou rénovée si performante qu'il est possible d'y vivre en situation de confort, avec très peu de chauffage en hiver et sans climatisation en été.

Bien qu'écologiquement imparfaites, les constructions passives biosourcées à énergie positive sont celles qui ont le minimum d'impact environnemental.


Les apports maîtrisés d'énergie solaire, le manteau isolant sans pont thermique, la récupération d'énergie habituellement perdue et la ventilation double flux qui filtre l'air neuf en association avec une excellente étanchéité à l'air y sont tellement efficaces que les systèmes de chauffage et de climatisation classiques, énergivores, ruineux et polluants, deviennent totalement inutiles. Mieux, l'énergie solaire thermique et l'énergie photovoltaïque produites sur site permettent de transformer une construction passive en un bâtiment à énergie vraiment positive qui peut produire plus d'énergie qu'il n'en consomme pour la totalité de ses besoins, chauffage inclus. Couplée à un système écologique de stockage, une telle construction pourrait devenir un bâtiment quasiment autonome, le seul qui pourrait se passer presque en permanence de tout source d'énergie polluante et de tout fournisseur d'énergie.

Construire passif,
c'est assurer son indépendance énergétique à vie


Tout aussi important que le confort et les économies d'énergie en période de gel comme de canicule, peut-être même bien plus, vivre dans une maison passive bioclimatique, notamment quand elle est construite avec des matériaux durables à faible énergie grise, de préférence biosourcés ou recyclés et recyclables, c'est donc aussi :
     • faire le choix de l'écologie et de la liberté de ne pas acheter l’énergie à ceux qui la produisent en polluant, ou sans ce soucier un seul instant des droits des hommes, parce qu'elle n'assure plus la survie de ces occupants et que son prix a bien moins d'importance, voire même plus du tout lorsqu'elle est produite en toute ou partie sur place.
     • préférer s'enrichir en économisant plutôt que payer les fournisseurs d'énergie polluante et les taxes
     • prendre soin de sa santé et de celle des autres, surtout celle de ses proches, en limitant la pollution

Construire passif,
c'est assurer la résilience de sa famille


En résumé…

Maîtriser l'énergie, c'est maîtriser son avenir

Exemple de maison passive - © J-M Pupille - ArchitecteQuelle que soit la température extérieure, la présence d'un système de chauffage est pratiquement toujours la seule solution capable d'assurer notre confort hivernal. Nos expériences et nos habitudes ne permettent donc pas facilement d'imaginer pouvoir le remplacer par un simple système passif, n'utilisant pratiquement pas d'autres sources d'énergie que celles qui sont naturellement disponibles gratuitement, partout et pour tous. C'est pourtant le cas dans les bâtiments passifs qui ne comportent pas de système de chauffage traditionnel. Nombre d'entre eux existent et fonctionnent parfaitement depuis bientôt trente ans.

Le principe de confort conduit fatalement à se poser de très nombreuses questions dont les plus fréquentes et les plus importantes sont les suivantes :
     • Quelle est la définition précise et quels sont les principes essentiels à mettre en œuvre?
     • Peut-on choisir n'importe quel plan et l'architecture qui nous convient?
     • Quels équipements faut-il prévoir et où les trouver?
     • Comment estimer le prix d'un projet de ce type et est-ce plus cher qu'une construction habituelle?
     • Mais au fait, est-ce vraiment utile de construire passif notamment dans les régions chaudes ou parce le climat est de plus en plus chaud
     • Enfin, où trouver les informations en éliminant autant que possible les fakes news, idées reçues et contrevérités?

Agence d'architecture Voyelles, architecte maison passive à Toulouse - France
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Le sommaire et l'index du blog PassivAct

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L'intérêt écologique des maisons passives

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L'intérêt économique des maisons passives

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Les exemples de maisons passives

Equipements adaptés
PassiWay, des équipements et produits adaptés aux maisons passives

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Sites de référence
L'association La Maison Passive France

Les constructions certifiées passives



Quel est le prix d'une maison passive ?



L'intérêt économique des maisons passives
En dehors de la qualité thermique de l’enveloppe étanche, les retours d'expérience montrent qu'il n’y a aucune différence de prix entre une maison passive et une similaire qui ne l'est pas. Pour une maison avec étage de 120 à 140m2, le surcoût de la qualité thermique du clos couvert varie systématiquement de 25 à 35k€TTC en fonction de l'environnement et du climat local.

Les frais de fonctionnement, d'entretien et de remplacements des équipements d'une maison passive sont fortement réduits alors que le confort et la qualité de vie de tous les occupants successifs sont améliorés tout au long de la durée de vie du bâtiment.


Dans ces conditions, la question la plus importante, celle à se poser vraiment, celle qui n'est pourtant pratiquement jamais formalisée, n'est donc pas celle du surcoût des travaux à l'investissement. C'est plutôt celle du surcout des mensualités composées du total des remboursements plus importants des crédits, réduits en grande partie par les économies sur les prix de l'énergie, les contrats d'entretien et les frais de remplacement des matériels. C'est aussi celle de la valorisation du patrimoine payé en partie par les économies d'énergie. C'est enfin la question de l'allongement, non quantifiable, de la durée de vie due à l'amélioration da la qualité de vie, notamment l'amélioration très significative de la qualité de l'air grâce aux VMC double flux des maisons passives.

Exemple de maison passive - © J-M Pupille - ArchitecteLe prix d’une maison de cette surface, déterminé à partir de projets réalisés et non d'informations non vérifiables propagées par Internet, peut varier de manière colossale de 180k€TTC à plus de 500k€TTC hors terrain. Le prix le plus bas est celui d'un projet simple, sans les annexes et sans les aménagements extérieurs, en autoconstruction totale sur terrain plat en climat chaud. Le plus élevé est le budget total, y compris taxes et frais de toute nature, d'une maison d’architecte de même surface habitable, livrée clé en main sur un terrain pentu aménagé en climat froid, avec un sous-sol intégral éloigné du chemin de desserte,ainsi qu'un sas avec terrasse accessible permettant la liaison sans perte de performance entre annexes et zone passive.

Le coût total d'une telle opération varie massivement en fonction :
  • de la prise en compte de la maison seule ou du budget tout compris hors terrain
  • du mode de construction tout fini ou en autoconstruction partielle ou totale
  • de la qualité du sol qui nécessite la réalisation éventuelle de fondations spéciales ou d’un sous-sol, parfois même les deux
  • de la présence ou non d’annexes dont la surface dépasse parfois celle de zone passive du projet
  • de la qualité de l’architecture
  • de la compacité du projet
  • d’un plan simple ou un plan complexe avec de nombreuses pièces
  • de la pente du terrain
  • de la longueur de la voie d’accès privée et celle de tous les réseaux
  • du climat chaud en plaine chaud ou du climat froid de montagne

Les différences de prix qui résultent de ces variantes sont tellement importantes que le prix de construction au m2 n’a absolument aucun sens. Il est d’autant plus aberrant que le type de surface n’est jamais précisé. Il peut en effet s’agir :
  • de la surface habitable qui semble la plus souvent utilisée alors qu'elle ne comporte aucune annexe
  • de la surface utile qui comporte la totalité des annexes de toutes natures
  • de la surface de plancher, surface règlementaire qui comporte toutes les annexes sauf les surfaces dédiées au stationnement

Donner un prix au m2 habitable, donc sans les surfaces annexes, est dangereux, car le prix global du projet peut être largement sous-évalué si les surfaces des annexes ne sont pas prises en compte lors de l’estimation et surévalué si elles le sont. Prendre le prix au m2 de surface de plancher ou le prix au m2 de surface utile est tout aussi stupide, car ils conduisent touts deux à sous-évaluer largement le prix de la surface habitable passive.

Indiquer un surcout en pourcentage quand le prix total est aussi variable n’a également aucune utilité et est quasiment toujours largement faux.

Concernant l’enveloppe hors d'eau et hors d'air, à mode de construction identique, maison bois ou maison maçonnée, les différences de prix proviennent de la performance de l’isolation, de la suppression des ponts thermiques, de l’efficacité de l’étanchéité à l’air, mais aussi et surtout, de la qualité des menuiseries. Menuiseries triple vitrage à fort facteur solaire, à dormant et ouvrant caché sans grilles de ventilation et des clairs de jour supérieur à 90% en passif, mais seulement double vitrage à ouvrant et dormant visibles percés par des grilles de ventilation avec des clairs de jour souvent inférieurs à 75% et des facteurs solaires souvent mauvais en RT2012. Les menuiseries des maisons passives, considérées comme leur principal système de chauffage parce qu’elles amènent bien plus d’énergie qu’elles n’en perdent lorsqu’elles sont exposées au sud, sont 4 fois plus performantes que celle utilisée en RT2012, mais seulement deux fois plus chères.

Concernant les équipements de confort, les différences techniques essentielles concernent les systèmes de chauffage et de ventilation. Les VMC double flux très haute performance et le chauffage rudimentaire des constructions passives s’opposent aux VMC simple flux rudimentaires et aux systèmes techniques de chauffage des RT2012. Le nombre de solutions utilisables en construction classique est bien plus large qu’en passif. Les prix donc aussi variables, mais finalement assez similaires à l’investissement. Ils sont toutefois bien moins élevés en fonctionnement, en entretien et en remplacement dans les maisons passives.

Le système de production d’eau chaude et la récupération d’énergie sur l’eau jetée encore chaude peuvent être identiques, quel que soit le niveau du besoin de chauffage. La production d’électricité ou la récupération d’eau de pluie sont facultatives et peuvent être réalisées indépendamment de la qualité thermique du bâtiment. À équipement identique, ces prestations sont choisies soit pour leur faible coût d’investissement, quel que soit le niveau de pollution qu’ils provoquent, soit pour leur faible coût de fonctionnement et leur faible niveau de pollution. Dans les deux cas, ils ont les mêmes incidences financières, quel que soit le niveau de performance thermique du bâtiment qui les reçoit.

Les prix des prestations telles que les fondations, la toiture hors isolation, le pare-soleil, la ou les terrasses, les annexes, le système d'assainissement, la viabilisation éventuelle, la voie d’accès et les réseaux privés, les aménagements minéraux, les clôtures et le portail, l’aménagement du jardin, les taxes inévitables, la piscine éventuelle… qui se chiffrent en dizaines de milliers d’euros sont également identiques quel que soit la qualité thermique du projet, passif ou non, mais très souvent également quelle que soit la surface habitable du projet.

Malgré des défauts aussi criards, lors de la conception d'une maison, une des premières questions concerne quasiment systématiquement la valeur habituelle du prix de construction au m2 afin de déterminer le prix d'un projet de même performance en fonction de sa propre surface, sans bien sûr préciser de quelle surface il s’agit.

Comment répondre à une telle question après avoir prix connaissance des informations ci-avant mais, encore pire, sans plan, sans connaître le climat et l'environnement, l'orientation et l'altitude du terrain, le plan de masse avec ces voies d'accès privées et ses aménagements indispensables, l'orientation du projet, la nature du sol, les matériaux de construction, l'architecture, les équipements, la décoration …? La liste est très loin d'être exhaustive. Bref, donner le prix au m2 d'une maison, notamment lorsqu'elle est passive, et en déduire le coût de construction d'une autre sans ne rien connaître du projet, c'est comme être capable de donner le prix d'une voiture sans en connaître la marque, le modèle et les options. Ça n'a absolument aucun sens…

Lors de la conception, il n'existe que deux façons de réaliser l'estimation du prix de construction d'un bâtiment passif.

L'une consiste à trouver un bâtiment récent à l'architecture similaire dont les prix sont connus et pour lequel il suffit d’ajouter le surcoût probable des prestations indispensables afin d'en faire une vraie maison passive prenant en compte son propre environnement puis de déduire les économies réalisables pour, par exemple, les travaux réalisés en autoconstruction partielle ou report de certaines prestations.

La seconde consiste, lorsque le programme et les esquisses du projet sont suffisamment avancés, à réaliser un devis quantitatif estimatif tout corps d'état prenant en compte les variations locales des prix pratiqués par les entreprises.

Il est totalement impossible d'estimer le prix d'une maison comme de toute autre construction,
notamment si elle est passive, sur seule base d'une surface et d'un prix au m2 de nature inconnue


En résumé, les prix au m2 indiqués par les moteurs de recherche, qui les récupèrent sur de bien trop nombreux sites sans aucun contrôle de leur nature, de leur qualité et donc de leur utilité réelle, ne doivent jamais être utilisés au risque d’erreurs d'estimations catastrophiques. De plus une telle valeur n'a strictement aucun intérêt en regard de l'essentiel, le surcoût mensuel global résultant de la différence entre l'augmentation des mensualités de remboursement des financements d'une maison passive et les économies de fonctionnement, d'entretien et de remplacements des équipements qu'elle procure.

Au bilan, ce qui compte vraiment au sujet du prix des maisons passives,
c'est ce qui reste pour vivre au quotidien et non le surcoût de l’investissement initial





A quoi ressemble une maison de ce type ?



Une maison passive ressemble à toutes les autres. Que leur architecture soit classique ou moderne, que leur surface soit grande ou petite, quels que soient les matériaux utilisés, le bois, le béton cellulaire ou tout autre… toutes les constructions peuvent être si économes qu'elles deviennent passives.

Exemple de maison passive classique - © J-M Pupille - Architecte

Exemple de maison passive moderne - © J-M Pupille - Architecte





Comment dessiner ses plans ?



Exemple de plan de maison passive - © J-M Pupille - ArchitecteLes plans de tout projet doivent être adaptés au terrain, à l'altitude, à l'orientation, au climat, à l'environnement proche comme lointain, aux règles d'urbanisme, à la qualité du sol… Ils peuvent tous servir de modèle à la réalisation d'une maison passive. Sans calcul thermique prenant en compte ces caractéristiques et bien d'autres comme sa volumétrie, ses matériaux, ses ponts thermiques, ses équipements… la construction n'a toutefois aucune chance d'être passive.


Se contenter de recopier les plans d'une maison passive ne suffit pas pour construire une maison passive…


Proposer des plans passe partout pour maison passive est sans intérêt, voire même dommageable, s'ils ne sont pas, entre autres, accompagnés des plans de détail et des calculs thermiques qui permettent de s'assurer que le projet sera bien passif.




Quels sont les équipements des maisons passives ?



Exemple de maison passive - © J-M Pupille - ArchitecteUne maison passive divise le besoin de chauffage d'une maison seulement RT2012 par 4 et celui des constructions plus anciennes par un facteur parfois supérieur à 10. Elles arrivent également à diviser les besoins d'énergie pour la production de l'eau chaude dans les mêmes proportions et même à faire encore mieux. Les équipements que nous connaissons tous, les chaudières, les radiateurs à eau chaude tout comme les systèmes de chauffage par le sol, les convecteurs électriques tout autant que les cumulus sont voués à disparaître d'un grand nombre de constructions. Dans quelques années, ils pourront être exposés au rang des antiquités des musées pour montrer ce qu'il ne faut surtout plus faire et expliquer les conséquence de leur usage passé.

Les équipements des maisons passives ne sont pas les mêmes que ceux des maisons classiques. Ils sont adaptés au type de construction le plus performant. Ils permettent eux-mêmes de baisser les besoins d'énergie au strict minimum et participent tout autant à l'amélioration de la performance globale, qu'au confort et à la baisse des factures d'une énergie qui sera à évidence de plus en plus chère et de plus en plus taxée pour limiter la pollution.

Dans une maison passive, l'utilisation d'une énergie renouvelable gratuite et non polluante, celle du soleil utilisée par les fenêtres passives, les capteurs thermiques et les capteurs photovoltaïques, ainsi que la récupération d'énergie des VMC double flux, des récupérateurs de chaleur sur douche et des puits canadiens ou des puits provençaux associés à la production de chaleur fatale produite par les occupants sont pratiquement suffisants pour assurer un confort supérieur à celui d'une construction classique.

Les concepts des fenêtres passives triple vitrage

Les concepts des VMC double flux

Les concepts des puits climatiques hydrauliques de type puits canadien et puits provençal

Les concepts des chauffe-eau solaires individuels

Les concepts des récupérateurs de chaleur sur l'eau des douches





Où trouver ces équipements?



PassiWay, des équipements et produits adaptés aux maisons passivesLes VMC double flux avec récupérateur de chaleur son à la base du concept des maisons passives et sont donc obligatoires dans tout projet de construction ou de rénovation à ce niveau de performance. Quatre autres types d'équipement sont indispensables ou fortement recommandés pour concevoir une maison passive : des menuiseries passives triples vitrages, une batterie hydraulique mixte pour le chauffage par la VMC et le rafraîchissement à l'aide d'un puits provençal, un chauffe-eau solaire individuel et un récupérateur de chaleur sur l'eau des douches.

Ces équipements ne sont bien sûr pas les seuls choix possibles, mais ceux-là à ont prouvé leur efficacité dans de nombreux projets présentés sur ce blog. Couplés et correctement régulés leur performance globale est encore améliorée. Ces équipements ont besoin de tellement peu d'énergie pour fonctionner que des capteurs photovoltaïques pourront la leur fournir en grande partie, parfois même en totalité, gratuitement et sans pollution, lorsqu'elle pourra être stockée de manière écologique sur site.

Fenêtre passive triple vitrage André

VMC double flux Vallox

Puits provençal hydraulique Vallox

Chauffe eau solaire individuel HélioFrance

Récupérateur de chaleur sur l'eau des douches EHTECH





Pourquoi construire des maisons passives ?



L'intérêt écologique des maisons passives
Les raisons pour construire passif sont multiples et très variées. Il peut s'agir de prendre soin de sa santé grâce à amélioration de la qualité de l'air intérieur et de celle des autres en limitant la pollution, de préférer s'enrichir en économisant plutôt que de payer les fournisseurs d'énergie et les taxes, ou encore de préserver sont confort sans se ruiner en période de gel comme de canicule. Qu'il s'agisse d'une raison écologique, économique, physiologique ou de toute autre, au final, tous ces motifs se rassemblent pour constituer un ensemble d'avantages considérables pour celui qui en bénéficie, à court comme à long terme.

Parmi toutes les causes possibles qui conduisent à faire le choix de construire passif, il en est une dont la portée va bien au-delà du simple intérêt personnel et familial. Il s'agit de la réduction de la pollution grâce à la réduction drastique de la consommation d'énergie productrice de CO2, cette pollution sans limites territoriales qui, pour le moins, participe au changement climatique indéniable. Cette cause est une des seules qui résulte d'un raisonnement irréfutable car purement mathématique…

Une raison parfaitement objective


La conclusion d’un raisonnement mathématique juste est toujours exacte si, bien sûr, les hypothèses initiales le sont aussi. Partant de ce principe, le respect de l'équation de Kaya, qui n'est autre que la mise en relation des principaux paramètres humains qui impactent le climat, ne devait être ni un choix ni une recommandation, mais un constat et une obligation qui devrait s'imposer à tous, car elle ne comporte pas la moindre part de subjectivité provenant d'avis personnels fussent ils ceux d'experts internationalement reconnus.

L'équation de Kaya définit notre avenir climatique
et permet de vérifier l'intérêt de construire passif…

Démonstration


Règles mathématiques de base


  • 1 - Une valeur connue ou inconnue est égale à elle-même. Par exemple 10=10 ou X=X
  • 2 - Diviser puis multiplier une valeur connue ou une inconnue par la même valeur est équivalent à la valeur initiale. Par exemple, 10/2x2 est toujours égal à 10 et, plus généralement, X/YxY est toujours égal à X.

Les paramètres pris en compte


Les principaux paramètres découlant de l'activité humaine qui ont une incidence sur le dérèglement climatique résultant au moins en partie de l'augmentation massive du CO2 dans l'atmosphère sont les suivants :
  • CO2 ; Dioxyde de carbone résultant de l'usage immodéré de l'énergie par la population mondiale, le gaz carbonique d'origine anthropique
  • TEP ; Tonnes d'Equivalent Pétrole représentant l'énergie primaire utilisée annuellement au niveau mondial, l'énergie, renouvelable ou non, prélevée dans la nature, utilisée directement ou après transformation.
  • PIB : Produit Intérieur Brut mondial, la richesse matérielle mondiale
  • POP : POPulation mondiale, le nombre d'humains qui peuple ou peuplera la terre en fonction de la démographie prévisible
Ces paramètres déterminants sont bien évidemment liés et peuvent donc constituer un nouvel équilibre, un cercle vertueux ou un cercle vicieux en fonction de leurs interactions bénéfiques ou néfastes comme dans l'exemple suivant : la population mondiale s'enrichit en produisant d'autant plus qu'elle dispose d'énergies productrices du CO2 mais l'augmentation du pourvoir d'achat ralentit la croissance de la population et limite simultanément cet impact. Les conséquences opposées de cet exemple sont d'autant plus difficiles à estimer que les interactions sont multiples et variables d'un pays à l'autre, d'une culture à l'autre.

L'équation de Kaya


En suivant la règle 1, l'égalité suivante est toujours vraie : CO2 = CO2.

Comme le permet la règle 2, l'égalité suivante qui consiste à diviser puis multiplier le terme CO2 par chacun des autres paramètres climatiques est également toujours vraie : CO2 = CO2/TEPxTEP/PIBxPIB/POPxPOP

En regroupant les termes, cette formule est l'équation de Kaya, économiste japonais qui en est à l'origine dans les années 1990 :

CO2 = (CO2/TEP) x (TEP/PIB) x (PIB/POP) x POP

Dans cette équation :

  • CO2/TEP est la quantité de CO2 produite par chaque tonne d'équivalent pétrole utilisée, c'est la nuisance de l'énergie
  • TEP/PIB est la quantité énergie nécessaire pour garantir la richesse mondiale, autrement dit l'efficacité énergétique de l'activité humaine
  • PIB/POP est l'enrichissement individuel donc le pouvoir d'achat de chacun d'entre nous
  • POP reste inchangé et représente la population mondiale
En replaçant les termes de l'équation par leur signification, l'équation de Kaya devient beaucoup plus compréhensible. Elle doit permettre de faciliter les axes de recherche des solutions globales à mettre en œuvre pour réduire notre impact sur le changement climatique :

CO2 = Nuisance de l'énergieEfficacité énergétiquePouvoir d'achatPopulation


Les objectifs à atteindre


Les études et analyses du GIEC, le Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat, fort heureusement considérées de plus en plus réelles et fiables, indiquent qu'il faudrait au moins diviser par 4 les émissions actuelles de CO2 afin que la température moyenne sur terre n'augmente pas au-delà de 2°C d'ici à 2050. Ce facteur est passé de 2 à 4 en quelques dizaines d'années du fait de l'inaction mondiale à propos du climat. Les conséquences des risques climatiques pourraient pourtant être catastrophiques pour l'humanité si cet objectif n'était pas atteint.

Analyse et conséquences de l'équation de Kaya


Comment faire pour obtenir ce facteur 4 ou du moins pour y participer dans le domaine de la construction, sachant que nous n'avons aucun moyen d'action sur l'évolution de la population et celle du pouvoir d'achat dont les valeurs actuelles et futures peuvent seulement être estimées pour être prises en compte?

La population mondiale augmente de moins en moins vite, mais en permanence. Les prévisions actuelles indiquent une croissance de 0,8% par an soit un total de 27% d'ici 2050. La population mondiale sera alors proche de 9,8 milliards à moins que, entre autres, la pandémie du Coronavirus ou d'autres à venir ne réduisent ces prévisions. Le facteur POP est donc estimé à 1,27 sur la période de 30ans qui va de 2020 à 2050.

Le pouvoir d'achat augmente en permanence. À moins que les conséquences économiques de la pandémie du Covid-19 ne la fassent baisser, la prise en compte d'une valeur pessimiste de 2% par an donne une valeur supérieure à 1,81 pour le paramètre PIB/POP pour la même période de 30ans.

L'augmentation prévisible globale de ces deux facteurs est donc de 1,27*1,81 soit un facteur pratiquement égal à 2,3. Afin de compenser cette augmentation tout en divisant par 4 les émissions de CO2, ce sont les 2 autres facteurs, la nuisance de l'énergie et l'efficacité énergétique, qui doivent baisser d'un facteur supérieur à 9.

La nécessité de réduire de manière importante la nuisance de l'énergie impose d'utiliser des énergies propres, le soleil, le vent, les marées… et donc de produire proprement celle dont nous avons inéluctablement besoin avec stockage pour permettre tout à la fois un usage différé ainsi qu'une la régulation efficace et rapide de sa distribution alors que de la production naturelle est très intermittente.

La nécessité d'améliorer l'efficacité énergétique conduit à réduire drastiquement notre besoin d'énergie, à l'économiser et à récupérer toute celle qui peut l'être pour finalement ne perdre que l'énergie fatale, celle qu'il est inévitable de perdre quoique l'on fasse.

Faut-il croire l'équation de Kaya?


L'équation de Kaya est juste, mais ses résultats et les conséquences qui en découlent proviennent de prévisions qui, bien qu'établies sur des bases scientifiques, sont hypothétiques par nature. Le but n'est pas de savoir si elles sont parfaitement exactes, mais plutôt de déterminer un ordre de grandeur, autrement dit l'orientation politique à suivre impérativement. L'histoire climatique montre que, depuis des dizaines d'années, les prévisions basées sur notre comportement naturel, habituel, celui de l'inaction écologique quasi générale, étaient incroyablement justes. Il n'y aucune raison pour que les prévisions actuelles, bien plus précises que par le passé, ne conduisent pas à la catastrophe prévue si rien n'est fait.

La solution dans le domaine de la construction


Dans le cas de la construction, une solution existe pour participer à la limitation de notre impact planétaire néfaste. Ces constructions, également capables de conserver notre confort habituel, l'indispensable et même parfois le superflu, pendant les périodes hors normes de froid plus intense qu'à l'habitude ou pendant les périodes de canicule de plus en plus fréquentes, sont les bâtiments de type maison passive à énergie positive. Ces constructions bioclimatiques neuves, qui divisent par 10 le besoin d'énergie des constructions précédent la RT2012, et par 4 celles qui sont conformes à cette règlementation, mais aussi les constructions anciennes rénovées à un niveau de performance proche, voire même équivalent, sont les seules qui sont capables de faire encore bien mieux, d'atteindre voire même de dépasser le bon niveau de performance, notamment lorsqu'elles sont biosourcées en tout ou partie et équipées de systèmes de récupération, de production, de stockage et de gestion optimisée de l'énergie.

Même si elles ne sont pas sans incidences écologiques,
les maisons passives, bioclimatiques, biosourcées, à énergie positive,
sont les seules en mesure de respecter l'équation de Kaya et donc le climat





Qualité des informations et maisons passives



Réalité et idées reçues
Sur internet comme dans la vraie vie, la qualité de l'information n'est pas la première préoccupation quand l'argent est de la partie! Cette remarque est valable dans tous les domaines, donc dans celui des maisons passives également.

Construire passif est plus compliqué que construire conformément à la réglementation RT2012 parce que, entre autres, les habitudes de construction doivent être abandonnées, sans retour possible en arrière. On ne peut pas se contenter de faire comme avant, comme on l'a toujours fait. Construire passif s'apprend et les différences sont importantes dés la phase de conception. Les informations données sur les maisons passives dépendent le plus souvent de cet apprentissage :
     • Ceux qui ne savent pas construire passif peuvent dénigrer les maisons passives parce que leurs savoir-faire ne permet pas de les réaliser et que les intérêts des propriétaires qui veulent atteindre ce niveau de confort et de performance vont donc à l'encontre de leurs propres intérêts financiers.
     • Ceux qui savent construire passif, peuvent faire moins bien, seulement RT2012. Ils n'ont aucune raison de mentir à propos des maisons passives parce qu'is pourront toujours se contenter de construire conformément à la réglementation actuelle.
Les informations peuvent bien sûr être fausses pour d'autres raisons, parfois involontaires, parfois volontaires, parfois prévisibles, mais parfois aussi inattendues. Ce que l'on croit savoir, même appris à l'école, n'est pas toujours vrai. Contrairement à nos attentes, nos sens peuvent aussi nous tromper et l'appréhension ou la sensation que l'on a alors de la réalité n'est pas toujours la vérité. Concernant les performances thermiques, ce n'est pas la sensation de la réalité qui compte mais bien la réalité physique. À vous de juger et de bannir les fake news sur le sujet…

Si vous trouvez une erreur sur ce site,
dîtes nous le, nous nous engageons à la corriger ou à la supprimer


Jean-Michel Pupille - Architecte D.P.L.G.



Où trouver plus d'informations ?


Le sommaire et l'index du blog PassivAct
Une construction passive est l'aboutissement d'un concept global qui fusionne de la manière la plus efficace possible de nombreux principes thermiques et concepts particuliers à l'image de ceux des équipements indispensables à leur fonctionnement. Pour réaliser un bâtiment de ce type, la compréhension de nombreuses notions physiques aussi bien que techniques ainsi de leurs multiples interactions est donc indispensable. La page des informations les plus récentes, le sommaire général, le plan du site, la page des index et thèmes ainsi que celle de la cherche dans le site à partir d'internet ou encore celle des fake news vous permettront d'en trouver un grand nombre. L'ensemble des articles de ce blog constitue un guide, régulièrement mis à jour, qui pourra faciliter la conception et la construction de votre maison passive optimisée, quels que soient les matériaux, le bois ou le béton cellulaire, et quel que soit le climat, à Toulouse ou à Paris, en France ou partout ailleurs.