Le blog des maisons passives


Une maison passive en plus, c'est un peu de pollution en moins


Projet de maison passive - © J-M Pupille - Architecte

Les constructions du futur seront des maisons passives


Vers une évolution irréversible ?

Nous sommes dans un futur qui n'est probablement pas si lointain… Comme depuis plusieurs années maintenant, la météo nous annonce l’arrivée de températures très éloignées des moyennes saisonnières, pour une durée estimée à plus de quinze jours. Les répercussions humaines et matérielles seront considérables dans tous les pays d'Europe de l'Ouest encore peu habitués à des conditions extérieures aussi extrêmes, et peu équipés pour y faire face. En France, pour ne pas subir autant les aléas du climat, tous les systèmes électriques permettant de conserver au mieux notre confort habituel seront de sortie. Ils pourront être dopés aux restes de l’énergie nucléaire encore active afin de fournir les gigawatts nécessaires. Ils sont même parfois indispensables à la survie, à condition bien sûr que l’énergie encore disponible soit suffisante, utilisable au bon moment, et que les moyens financiers de ceux qui en ont le plus besoin, notamment ceux qui occupent des passoires énergétiques, permettent de l’acquérir. Sans argent pas d’énergie et généralement, dans un tel contexte météorologique, sans énergie les conditions de survie ne sont pas forcément toujours réunies. C’est ainsi depuis des années, deux fois par an, en hiver comme en été, en période de froid glacial comme en période de très forte chaleur. Ce sera encore le cas cette année, et probablement aussi tant que les centrales nucléaires à bout de souffle seront en mesure de produire le minimum vital. Après c’est l’inconnu, avec un risque de plus en plus évident d’une évolution qui risque de déraper vers un chemin que nous avons du mal à imaginer, mais qui à l’évidence ne va pas dans le sens habituellement souhaité…
Cette fiction d'aujourd'hui pourrait être une réalité de demain. Les scientifiques, spécialistes du climat, sont unanimes : le climat du futur sera plus chaud en été et plus froid en hiver. On le constate d'ailleurs d'année en année. Les hommes devront nécessairement s'y adapter et certaines de leurs constructions pourront les y aider. La raison est simple : leurs heureux propriétaires n'auront pratiquement pas besoin d’énergie pour y vivre dans de bonnes conditions de confort. C'est déjà parfois le cas aujourd'hui. Ceux-là ont compris qu’il valait mieux acquérir un bon manteau, tout à la fois confortable et hermétique, que de payer l’énergie nécessaire en son absence. Ce manteau, c'est bien sûr celui de leur habitation, celui qui leur permet, avec quelques équipements complémentaires, de braver les intempéries même exceptionnelles, toute l'année, en période de froid intense comme en période de canicule. C'est celui qui leur permet d’éviter d'acheter l'énergie même quand elle est disponible et peu chère, parce qu'elle est très souvent inutile. Les habitations qui permettent ce tour de force sont connues depuis le début des années 1990. Elles sont tellement efficaces qu’elles n’ont besoin d’un système actif d’énergie que quelques jours par an, et parfois même pas tous les ans. Ces bâtiments, quelle que soit leur destination, habitation, bureau ou tout autre, limitent en permanence la pollution parce qu’ils réduisent aux mieux les besoins en énergie. Ces bâtiments, ce sont…

Les maisons passives

Exemple de maison passive - © J-M Pupille - Architecte



Maison passive, transition énergétique et augmentation du pouvoir d'achat

La transition énergétique ne va pas à l'encontre de l'augmentation du pouvoir d'achat. Bien au contraire. La consommation d'énergie provoque pollution et taxes en retour pour satisfaire aux obligations légales et morales de l'état concernant le réchauffement climatique. Limiter cette consommation baisse la pollution, les factures d'énergie et l'impact des taxes, même en hausse pour inciter à plus de sobriété énergétique. Agir pour baisser nos consommations coûte de l'argent, mais en rapporte aussi. Le premier gagnant est celui qui bénéficie des économies, celui qui paye l'investissement et la facture énergétique. Le deuxième est l'état car même et surtout s'il aide le premier, il peut créer des emplois locaux en retour et récupérer sous d'autres formes l'équivalent des aides auxquelles il a consenti. C'est un cercle vertueux local. Action et réaction vont toujours de pair. Se contenter de regarder combien ça coûte sans se soucier de combien ça rapporte est un non-sens total. Vouloir des aides sans contrepartie est de la même veine. La carotte et le bâton vont de pair pour plus d'efficacité.

Les solutions françaises sont les bienvenues, mais les autres aussi, mêmes si elles qui viennent de l'autre bout du monde, à condition, bien sûr, qu'elles permettent réellement de lutter, sans attendre encore, contre l'évolution néfaste du climat tout en développant l'économie régionale. Les gains les plus importants ne viennent d'ailleurs pas de leur fabrication lointaine, mais de leur mise en œuvre locale comme l'a démontré l'évolution des kits de panneaux photovoltaïques.

Il existe des solutions qui ne coûtent que quelques dizaines d'euros, comme le passage aux ampoules LED. D'autres ne dépassent pas quelques centaines d'euros comme, pare exemple, passer aux équipements A+++. D'autres coûtent quelques milliers d’euros, comme celles qui consistent à utiliser l'énergie solaire ou à récupérer l'énergie fatale, mais les économies qu'elles permettent réduisent finalement les factures mensuelles. Enfin, certaines coûtent bien plus cher comme construire des maisons passives ou rénover des passoires énergétiques afin d'atteindre le niveau des rénovations passives. Toutes ces actions, quel que soit le niveau de prix, sont dans ce cercle vertueux financier, gagnant tant pour l'utilisateur final que pour l'état qui tire bénéfice de ceux qui participent à leur mise en œuvre. Elles sont également dans le cercle vertueux de l'écologie, car limiter l'usage d'énergie polluante, c'est aussi limiter leur production à court comme à long terme, le charbon comme le nucléaire.

Exemple de maison passive - © J-M Pupille - Architecte



Une maison passive est une construction si performante qu'il est possible d'y vivre en situation de confort avec très peu de chauffage en hiver et sans climatisation en été.

Au-delà du confort et des économies, vivre dans une maison passive, c'est donc aussi faire le choix de l'écologie, de la liberté de ne pas acheter l’énergie à ceux qui la produisent en polluant, à ceux qui la produisent sans se soucier un seul instant des droits fondamentaux des hommes, donc des vôtres comme des miens, parce qu'elle n'assure plus la survie et que son prix a bien moins d'importance.

Maîtriser l'énergie, c'est maîtriser son avenir

LaChenaie, un exemple de maison passive - © J-M Pupille - Architecte



Une maison passive ressemble à toutes les autres. Que leur architecture soit classique ou moderne, que leur surface soit petite ou grande, quels que soient les matériaux utilisés… toutes les constructions peuvent être si économes qu'elles deviennent passives.

LaLauragaise, un exemple de maison passive - © J-M Pupille - Architecte



Lors de la conception d'une maison passive, une des premières questions concerne quasiment systématiquement la valeur du prix de construction au m2 habitable afin de déterminer le prix d'un projet en fonction de sa propre surface. Comment répondre à une telle question sans plan, sans connaître le climat et l'environnement, l'altitude du terrain, le plan de masse avec ces voies d'accès privées, l'orientation du projet, la nature du sol, les matériaux de construction, l'architecture, les équipements, la décoration …? La liste est très loin d'être exhaustive. Bref, donner le prix au m2 d'une maison passive et en déduire son prix de construction sans ne rien connaître du projet, c'est comme être capable de donner le prix d'une voiture sans en connaître le modèle et les options. Ça n'a aucun sens…

LutevaOstal, un exemple de maison passive - © J-M Pupille - Architecte



LaPointe, un exemple de maison passive - © J-M Pupille - Architecte

Une maison passive divise le besoin de chauffage d'une maison seulement RT2012 par 4 et celui des constructions plus anciennes par un facteur parfois supérieur à 10. Elles arrivent également à diviser les besoins d'énergie pour la production de l'eau chaude dans les mêmes proportions et même à faire encore mieux. Les équipements que nous connaissons tous, les chaudières, les radiateurs à eau chaude tout comme les systèmes de chauffage par le sol, les convecteurs électriques tout autant que les cumulus sont voués à disparaître d'un grand nombre de constructions. Dans quelques années, ils pourront être exposés au rang des antiquités des musées pour montrer ce qu'il ne faut surtout plus faire et expliquer les conséquence de leur usage passé.

Les équipements des maisons passives ne sont pas les mêmes que ceux des maisons classiques. Ils sont adaptés au type de construction le plus performant. Ils permettent eux-mêmes de baisser les besoins d'énergie au strict minimum et participent tout autant à l'amélioration de la performance globale, qu'au confort et à la baisse des factures d'une énergie qui sera à évidence de plus en plus chère et de plus en plus taxée pour limiter la pollution.

Dans une maison passive, l'utilisation d'une énergie renouvelable gratuite et non polluante, celle du soleil utilisée par les fenêtres passives, les capteurs thermiques et les capteurs photovoltaïques, ainsi que la récupération d'énergie des VMC double flux, des récupérateurs de chaleur sur douche et des puits canadiens ou des puits provençaux associés à la production de chaleur fatale produite par les occupants sont pratiquement suffisants pour assurer un confort supérieur à celui d'une construction classique.

Fenêtre passive triple vitrage

VMC double flux

Puits provençal hydraulique

Chauffe eau solaire individuel - CESI

Récupérateur de chaleur sur l'eau des douches



Le site des équipements et produits adaptés aux maisons passives
Cinq types d'équipement sont indispensables ou fortement recommandés pour concevoir une maison passive : des menuiseries passives triples vitrages, une VMC double flux avec récupérateur de chaleur, une batterie hydraulique mixte pour le chauffage et le rafraîchissement à l'aide d'un puits provençal, un chauffe-eau solaire individuel et un récupérateur de chaleur sur l'eau des douches. Le site PassiWay présente un produit adapté dans chaque catégorie.

Les équipements présentés ne sont bien sûr pas le seul choix possible, mais ceux qui y figurent ont prouvé leur efficacité. Couplés et correctement régulés leur performance globale est encore améliorée. Ces équipements ont besoin de tellement peu d'énergie pour fonctionner que des capteurs photovoltaïques pourront la leur fournir en grande partie, parfois même en totalité, gratuitement et sans pollution, si elle pourra être stockée de manière écologique sur site.

Menuiseries passives triple vitrage André

VMC double flux Vallox

Puits provençal hydraulique Vallox

Chaufffe-Eau Solaires Individuels HélioFrance

Récupérateur de Chaleur sur l'Eau des Douches EHTech



 Exemple de plan de maison passive - © J-M Pupille - Architecte
Les plans de tout projet doivent être adaptés au terrain, à l'altitude, à l'orientation, au climat, à l'environnement proche comme lointain, aux règles d'urbanisme, à la qualité du sol, aux matériaux de construction retenus… Ils peuvent tous servir de modèle à la réalisation d'une maison passive. Sans calcul thermique prenant en compte ces caractéristiques du projet et bien d'autres comme, par exemple, les équipements retenus ou les ponts thermiques… la construction n'a toutefois aucune chance d'être passive.

Se contenter de recopier les plans d'une maison passive ne suffit pas pour construire une maison passive…

Proposer des plans pour maison passive est sans intérêt s'ils ne sont pas, entre autres, accompagnés des plans de détail et des calculs thermiques qui permettent de s'assurer que le projet sera bien passif.



Le sommaire de PassivAct

La notion millénaire du confort hivernal obtenu grâce au chauffage est tellement ancrée dans nos habitudes et nos convictions qu'elle ne peut pas disparaître sans laisser place à la curiosité et souvent même à de très sérieux doutes. La description des bâtiment passifs sans système de chauffage habituel, qui existent pourtant depuis plus de 25 ans, est en effet mal connue et encore surprenante pour beaucoup car son fonctionnement va à l'encontre de ce que nous connaissons, de nos habitudes et même de nos comportements naturels. Elle conduit donc immédiatement de très nombreuses questions :



Réalité et idées reçues
Sur internet comme dans la vraie vie, la qualité de l'information n'est pas la première préoccupation quand l'argent est de la partie! Cette remarque est valable dans tous les domaines, donc dans celui des maisons passives également.

Construire passif est plus compliqué que construire conformément à la réglementation RT2012 parce que, entre autres, les habitudes de construction doivent être abandonnées, sans retour possible en arrière. On ne peut pas se contenter de faire comme avant, comme on l'a toujours fait. Construire passif s'apprend et les différences sont importantes dés la phase de conception. Les informations données sur les maisons passives dépendent le plus souvent de cet apprentissage :
  • Ceux qui ne savent pas construire passif peuvent dénigrer les maisons passives parce que leurs savoir-faire ne permet pas de les réaliser et que les intérêts des propriétaires qui veulent atteindre ce niveau de confort et de performance vont donc à l'encontre de leurs propres intérêts financiers.
  • Ceux qui savent construire passif, peuvent faire moins bien, seulement RT2012. Ils n'ont aucune raison de mentir à propos des maisons passives parce qu'is pourront toujours se contenter de construire conformément à la réglementation actuelle.
Les informations peuvent bien sûr être fausses pour d'autres raisons, parfois involontaires, parfois volontaires, parfois prévisibles, mais parfois aussi inattendues. Ce que l'on croit savoir, même appris à l'école, n'est pas toujours vrai. Contrairement à nos attentes, nos sens peuvent aussi nous tromper et l'appréhension ou la sensation que l'on a alors de la réalité n'est pas toujours la vérité. Concernant les performances thermiques, ce n'est pas la sensation de la réalité qui compte mais bien la réalité physique. À vous de juger et de bannir les fake news sur le sujet…


Le sommaire de PassivAct
Une construction passive est l'aboutissement d'un concept global qui fusionne de la manière la plus efficace possible de nombreux principes thermiques et concepts particuliers à l'image de ceux des équipements indispensables à leur fonctionnement. Pour réaliser un bâtiment de ce type, la compréhension de nombreuses notions physiques aussi bien que techniques ainsi de leurs multiples interactions est donc indispensable. Le sommaire général et les pages regroupant les informations de la rubrique "Concepts" par thèmes vous permettront d'en trouver un grand nombre. L'ensemble des articles de cette rubrique constitue un guide, régulièrement mis à jour, qui pourra faciliter la conception et la construction de votre maison passive optimisée, quels que soient les matériaux, le bois ou le béton cellulaire, et quel que soit le climat, à Toulouse ou à Paris, en France ou partout ailleurs.

Jean-Michel Pupille - Architecte D.P.L.G.