17-10 - Surcoût et rentabilité d’une maison passive

L'intérêt économique des maisons passives

Surcoût et rentabilité d’une maison passive



En France, le prix d’une maison passive est, pour l’instant, toujours supérieur à celui d’une maison classique. Cette différence systématique de prix, même en forte baisse du fait de l'évolution de la règlementation française, conduit à des questions économiques qui sont toujours les mêmes : quel est le surcoût d’une construction passive par rapport à une maison classique similaire et combien de temps faut-il pour l’amortir ?

Nos retours d’expériences provenant de bâtiments passifs construits et habités, dont certains sont labellisés ou en cours de labellisation, nous amènent à préciser qu’il est vain de tenter de fournir une réponse universelle à ces questions parce que tout projet conduit à des résultats spécifiques très différents de ceux des autres, mais aussi et surtout parce que ces questions ont de moins en moins d’intérêt. Ce sont celles du passé, du temps de plus en plus lointain où l’énergie n’était pas chère et le réchauffement climatique si prégnant. La question la plus importante, celle d’aujourd’hui, orientée vers un futur où l’énergie sera encore plus chère quoi qu’on fasse et le climat encore plus dégradé, est toujours omise. Elle consiste à savoir si, très rapidement, si possible dès le premier mois de son occupation, le remboursement mensuel des surcoûts du passif peut être annulé par les économies d’énergie. Quand ce sera le cas, construire ou rénover a ce niveau de performance, en utilisant simultanément des systèmes très économes, simples, durables et non polluants, ou se contenter de le faire en respectant seulement la règlementation ne sera plus une question de choix. Les solutions passives s’imposeront d’elles-mêmes, car elles seront, tout simplement et tout à la fois, les meilleures sur les plans économiques et écologiques.

Est-ce déjà le cas aujourd’hui ? Est-ce que ce sera le cas lors des prochaines évolutions de la règlementation environnementale ? À partir de quel prix de l’énergie le surcoût d'un projet étudié, et seulement de celui-là, basculera-t-il dans le monde de demain, celui d’une rentabilité immédiate des solutions passives et économes, celui à partir duquel les hommes et le climat auront tout à gagner à passer outre la règlementation pour faire bien mieux quelle que soit la durée d’amortissement ? Nous ne pouvons présager des réponses sans retours économiques précis de projets réalisés ou sans calculs qui en attestent et, lorsqu’ils seront disponibles, nous ne pourrons pas les ériger en vérité générale…

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