1-4 - Vers une révolution énergétique irréversible


Exemple de maison passive - © J-M Pupille - Architecte

Exemple de maison passive © JM Pupille Architecte

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Les scientifiques, spécialistes du climat, sont unanimes : le climat du futur sera de plus en plus chaud en été avec des périodes plus courtes mais plus froides en hiver et des variantes de plus en plus marquées en fonction de la situation géographique, tant du point de vue des températures que de la pluviométrie et des vents. On le constate d'ailleurs d'année en année. Les hommes devront nécessairement s'y adapter et certaines de leurs constructions pourront les y aider. La raison est simple : leurs heureux propriétaires n'auront pratiquement pas besoin d’énergie pour y vivre dans de bonnes conditions de température. C'est déjà parfois le cas aujourd'hui. Ceux-là ont compris qu’il valait mieux acquérir un bon manteau, tout à la fois confortable et hermétique, que de payer l’énergie nécessaire pour compenser son absence. Ce manteau, c'est bien sûr celui de leur habitation, celui qui leur permet, avec quelques équipements complémentaires, de braver les intempéries même exceptionnelles, toute l'année, en période de froid intense comme en période de canicule. C'est celui qui leur permet d’éviter d'acheter l'énergie même quand elle est disponible et peu chère, parce qu'elle est très la plupart du temps inutile pour assurer leur confort. Les habitations qui permettent ce tour de force sont connues depuis le début des années 1990. Elles sont tellement efficaces qu’elles n’ont besoin d’un système actif d’énergie que quelques jours par an, et parfois même pas tous les ans. Ces bâtiments, quelle que soit leur destination, habitation, bureau ou tout autre, limitent en permanence la pollution parce qu’ils réduisent aux mieux les besoins en énergie. Ces bâtiments, ce sont…les maisons passives

Certains réfutent notre implication dans l'évolution climatique. Ils font confiance à ceux qui conçoivent les avions, les bateaux, les voitures, les ordinateurs, les centrales nucléaires… parce qu'ils n'ont pas les compétences nécessaires pour faire autrement et qu'ils n'ont, de toute façon, pas d'autre choix. Ils font généralement confiance aux médecins et aux spécialistes des sciences humaines pour les mêmes raisons et parce que leur propre vie peut en dépendre. Ils ne font, par contre, pas confiance aux climatologues qui nous prédisent un avenir sombre du fait de notre impact sur le climat, malgré les conséquences prévisibles sur tout le monde et donc sur eux-mêmes. Eux, ce sont les climatosceptiques, les négationnistes de l'évolution climatique qui font confiance aux spécialistes de tous les domaines, mais réfutent, sans avoir pourtant les compétences nécessaires pour le faire, les conclusions de ceux qui étudient le climat! Ils en parlent en termes de croyances alors que les scientifiques spécialisés s'appuient sur des faits constatés, démontrés, avérés qui font consensus au niveau mondial. Il suffit pourtant de regarder l'évolution climatique depuis les 40 dernières années pour s'apercevoir que de très nombreuses prévisions de l'époque s'avèrent vraies. Elles ne pourraient pas l'être en si grand nombre si les causes et analyses qui ont conduit à tant de similitudes avec la réalité étaient aussi fausses qu'ils voudraient bien le faire croire.

Même eux ont malgré tout intérêt à construire passif parce que ceux qui gouvernent taxent l'énergie par nécessité et la taxeront de plus en plus par obligation, parce que le prix de l'énergie augmente bien plus vite que le coût de la vie, parce que les réservent mondiales d'énergie fossile ne sont pas inépuisables, parce que même en niant l’implication de l’homme, il n'est plus possible de nier l'évolution du climat et des conséquences néfastes qui en découlent et se font déjà ressentir, ou simplement parce que mis bout à bout les avantages des maisons passives sont largement supérieurs aux inconvénients et que chacun peut y trouver celui qui à un intérêt primordial pour lui, fût-il seulement financier. Pour que ce dernier soit le meilleur possible, dans le domaine de la construction comme dans bien d'autres, ne faut-il pas aller dans le sens de l'écologie, celui qui se développe rapidement sans greenwashing, celui qui offre un réel intérêt local à court comme à long terme plutôt que de camper dans des situations archaïques condamnées à disparaître? Ce seul intérêt ne condamne -t-il pas les climatosceptiques à disparaître eux-mêmes de la place publique parce qu'ils ont plus à perdre en persistant dans leur attitude d'un autre temps que d'aller dans les sens du vent, parce que les savoir-faire acquis par ceux qui suivent ce courant et parfois même le devancent ne seront pas faciles à rattraper, parce qu'il y a simplement beaucoup plus à y gagner qu'à y perdre.

Toutes les grandes évolutions ont l’énergie pour origine. La découverte du feu, celle de l’électricité et du pétrole ont changé notre passé. Les économies d’énergie façonneront notre futur de manière irréversible. Les maisons passives à énergie positive y contribueront dans le domaine de la construction. De toute façon, il n’y aura pas d’autre choix, car les limites de la nature nous feront entendre raison.

Jean-Michel Pupille - Architecte D.P.L.G.


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